Opposition à la capture et séquestration du CO2 à Jurançon

Communiqué de Presse du 5 Juin 2008

 

Un faux remède pour le climat, un vrai profit pour les pétroliers

Au lendemain de la première réunion de la CLIS (Commission Locale d’Information et de Suivi) du projet de stockage de CO2 de Total à Jurançon, dans les Pyrénées Atlantiques, qui s’est tenue à la Préfecture de Pau mardi 3 juin 2008, les associations locales Coteaux de Jurançon Environnement et SEPANSO-Béarn, et la Fédération Aquitaine SEPANSO tiennent à préciser qu’elles s’opposent à ce projet inutile, coûteux, et à risques pour les riverains.

L’ordre du jour de cette réunion n’ayant pas prévu de temps pour les questions, elles n’ont pu s’y exprimer. C’est pourquoi elles demandent l’organisation, sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), d’un véritable Débat National sur le principe même de l’injection souterraine du CO2, en vue de l’abandon du projet de Total, inacceptable dans une zone peuplée et soumise à un risque sismique avéré.

Elles considèrent que ce projet n’a de véritable intérêt que pour la compagnie pétrolière, qui prolongerait ainsi sa rente pétrolière en encaissant de nouveaux bénéfices par le biais du dépôt de brevets et de la récupération de permis d’émission, alors même que cette technologie ne pourra de toute façon, à l’horizon 2020, permettre d’éviter que 0,06% des émissions mondiales de CO2.

Le stockage souterrain ne présente pas d’avantages. Il détourne des financements considérables de la recherche sur les énergies renouvelables. Le stockage oblige à une consommation supplémentaire de 40% d’énergie, il renchérit donc énormément le coût des centrales, induit une électricité plus chère - ce qui profite aux compagnies productrices mais pas aux consommateurs - alors que des sources d’énergies renouvelables seraient au final moins chères.

Dans le cas de Jurançon, il crée des risques pour les riverains, alors même que l’étude de sécurité fournie par Total comporte de nombreuses lacunes et points faibles sur des sujets importants et qu’elle ne prévoit aucun plan de protection des populations La recherche publique sur le CSC ne vise aujourd’hui que « l’acceptabilité sociale » de l’inacceptable, au lieu d’étudier, de façon indépendante, les risques et le bilan global (énergétique, sécuritaire, foncier) de cette technologie. Les associations rejettent en outre le modèle juridique prévu, dans lequel l’État prendra en charge, sur fonds publics, la surveillance, la maintenance et la responsabilité à long terme des stockages.

La transition énergétique doit commencer aujourd’hui. La recherche et les financements privés et publics doivent être massivement orientés vers l’amélioration de la performance énergétique et des énergies renouvelables. Aujourd’hui, c’est en Inde que se développent les prototypes de panneaux solaires tout-en-un : thermique et photovoltaïque. La France continue à prendre du retard sur ces technologies d’avenir, en restant soumise au lobby d’une unique compagnie pétrolière.

Les associations refusent les fausses solutions qui contribuent à « verdir » l’image des énergies fossiles, vestiges du passé et considèrent qu’il faut se tourner très rapidement et massivement vers des énergies de substitution, qui sont aujourd’hui techniquement disponibles.

Contact presse : Marie-Laure LAMBERT - 06.78.83.63.74