1 - L’A65, une erreur monumentale

 

Le 14 décembre 2010, le Préfet de la région Aquitaine et les principaux élus aquitains ont inauguré une nouvelle autoroute, l’A65 reliant Langon (33) à Pau (64).
Ces 150 kilomètres d’autoroute s’ajoutent aux réalisations déjà existantes en France, à savoir :

  • 10 950 kilomètres d’autoroutes
  • 1 027 154 kilomètres de routes
  • 5,1 millions d’hectares de sol artificialisé (9, 4% du territoire national)

Fin 2010 étaient également annoncés 1092 nouveaux kilomètres d’autoroutes inscrits dans le projet 2010 de Schéma National des Infrastructures de Transport ou ayant récemment fait l’objet de Déclaration d’Utilité Publique.

Pourtant, nous savons, et les décideurs savent aussi que :

  • « le pic pétrolier » a été atteint en 2006 et la production de pétrole conventionnel ne dépassera donc plus jamais ce niveau (Agence internationale de l’énergie).
  • De toute évidence, l’urgence climatique est là.
  • Il y a urgence à diminuer nos émissions de gaz à effet de serre.
  • Le trafic automobile diminue depuis 2003 en France. Malgré ce constat, le concessionnaire parie financièrement sur un doublement du trafic à l’horizon 2020.
  • La dette publique explose. Le coût de l’A65 d’1,5 milliards d’euros retombera inévitablement sur la collectivité et le contribuable devra participer au paiement.
  • L’A65 est, de surcroît, la deuxième autoroute la plus chère de province : de 19,70 euros pour 150 kilomètres, elle coûte 20,50 euros aux usagers depuis l’augmentation au 1 février dernier de 4,2%, soit 46 euros pour un aller-retour Pau–Bordeaux.

Aucune « mesure de compensation » ni aucun maquillage sémantique sur le registre de « l’autoroute verte » ne peut, ni ne pourra occulter ces réalités ni l’outrage que fait subir cette infrastructure aux territoires traversés et aux individus qu’elle a impactés.